Voyages…

Recevoir l’urbain en plein visage, c’est de prendre son pied lacé, lassé d’être là et laissant de côté ses peurs et ses préjugés juchés de falaises en malaises pansés. Si jamais les vertiges ne l’enfoncent dans une abîme de feu et de crainte effrénée, paralysante, suffocante et retournée de fuites. Faire d’un saut de l’ange la transition du mystérieux vers le merveilleux et traverser les heures comme on traverse la plaine jusqu’à une forme de plénitude, sans quoi la plainte se substitue à cette plénitude tant recherchée et jamais assouvie par aucun autre plaisir même le plus frivole et dans cet élan, ils se rapprochent le souffle court mais perceptible, extatique et présent à l’intérieur de ces deux êtres dont toutes les fibres étaient conscientes les unes des autres jusqu’à ce que la mort comme une enclave les fasse traverser dans une nouvelle réalité, intangible et sublimement extrasensoriellement actif et pourtant, ils ne savent point que les loups dehors observent et marchent droits.

Il n’y a que les fleurs du jardin qui nous éblouissent à ce point mais sont-elles aussi éclatantes que ce qu’elles laissent paraître ou bien sont-elles encore plus brillantes que ces rayons gamma que l’on ne voit pas tellement la lumière étouffante, sombre mais à la fois si paisible, réconfortante et agréable qu’on en oublie sa faiblesse qui s’étiole tranquillement. Celle-ci laisse sa place progressivement à une renaissance parsemée de teintes verdâtres et pleines de vie, les ombres s’enchinoisent et s’enlisent dans un terreau mal dégrossi mais à la fois tellement fragile qu’il semble s’effriter à chaque pas que j’emboîte. Mes pieds saluent la terre, mon regard dit bonjour au ciel et aux nuages et mes lèvres sont doucement caressées par un vent au parfum si délicat et si subtil que j’en tombai presque, subjugué par la passion enivrante qui montait en moi et qui eut l’audace de me faire sourire. Car, en moi, se fondait doucement l’absolu, et faisait place une nostalgie soudaine sortie de mes catacombes.

Heureusement, je tendis la main vers cette bourrasque de bonheur qui envahit littéralement tout mon être. Et je crie Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii …je veux ressentir ce nirvana sensoriel et je veux aussi te le donner, même si rien ne m’appartient. Vois-tu que je suis un phare qui pourrait t’éclairer vers des moments plus heureux. Comme jours plus sombres et nuageux qui te feront apprécier ceux ensoleillées par notre amour qui se sont envolés à jamais malgré cette passion débordante que nous partagions jadis. Ils rêvaient de Amsterdam et de Paris, mais aussi de New-York et de Varsovie. Montréal l’unique comme l’est cet amour pour toi! Je me demande si je saurai bien profiter de ce moment, dans cet espace improbable qu’est cet endroit inconnu sans pouvoir profiter à nouveau du charme abstrait de cette sensibilité cassante qui caresse nos esprits et nos coeurs brisés mais aussi nos âmes étiolées dans la pensée unique d’un totalitarisme dément et sans vergogne qui annihile notre liberté et notre conscience d’être dans ce monde que de simples fourmis sans identité et sans âme propres à eux-mêmes qui tournent en rond dans un délire collectif engendré par la peur de sortir du lot, de clamer haut et fort son désir de liberté et d’unicité individuelle que nous réclamons.

L’effluve de l’asphalte me paralyse, et je m’enlise dans un désordre d’idées que j’ai peine à contrôler au moment où je traverse la forêt de mes désirs refoulés en moi depuis très longtemps. Avant de partir je me retourne, et tente de visualiser le sentier par lequel je suis arrivé ici mais je ne vois plus que des ombres qui ondulent, terrifiantes et malveillantes. Vais-je arriver à ma destination ultime? Est-ce le début d’une réalité qui s’achève tranquillement ou la fin d’un rêve littéraire qui désigne l’avenir dont tout devenait incertain? À chaque seconde nouvelle destination. Et à chacun de ses pas, il avait l’impression de se trouver au bout du monde, perdu entre un bloc de béton et trois dalles de ciments. Aussi surprenant son envie d’exister et son désir de chavirer vers l’inconnu était fort, aussi surprenant il rêvait de revenir sur ses pas afin de revivre une fois de plus l’instant où il s’était réveillé en sursaut dans un mode qui ne lui rappelait plus rien et qui lui semblait si familier, loin de sa réalité comme lors d’une rencontre du troisième type. Étrangement, les effluves de la drogue se dissipèrent peu à peu et il sentit les racines se resserrer autour de ses chevilles, le soudant à la terre comme à son berceau. Il voyageait peut-être mais il savait trop bien ce voyage n’était, en réalité, qu’une fuite hors de son milieu afin de retrouver en lui tout ce qu’il avait perdu au décès de son “lui-même” oublié depuis si longtemps sous le poids des années. La prison, c’est difficile pour tous et il refusait d’être sa propre prison.

FIN

Auteurs:

Le D.

Renart Léveillé

Maszellan

Le satellite Voyageur

Loup de Ville

Médiateur farceur

Anarcho-Pragmatiste

MFL

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2 Réponses to “Voyages…”

  1. Voilà, votre premier Bloguâvre terminé, vous pouvez lire le résultat de vos envolées poétiques…

    Alors?

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