Sortilège impromptu…

De sève qui s’enlise, insoumise, le feu rougit les repères intemporels et chauds de cette formule inconnue qui inversera l’averse en aversion pour se verser dans un déversoir rempli de lassitudes altérées. Asservissant alors les serviteurs de la servitude au service de tous les vices, alors que la formule forme une forme déformante et délirante mais tout de même qui m’aime de même et demain se transformera en dorénavant une source de sans soucis pour surmonter le surplus de l’hiver et des idées amères, mères de toutes erres et pères des airs mélancoliques et mises à terre.

Trouver le ruissellement dans le bastion morcelé de l’envers des hiers qui indiffèrent et des demains qui désespèrent, des futurs qui fuient en se perdant dans des feux fuyants de l’amour qui amortissent les chutes dans le vide d’un tourment émotif. Jamais les mots formés de feuilles rougeoyantes ne furent aussi vivants. Il suffisait d’ouvrir les yeux et de regarder ce maelström exquis, se laisser embraser par des idéaux qui devraient redevenir à la mode, pendant qu’ailleurs on se complait dans le conformisme et la médiocrité, car c’est trop facile de se contenter de nos avoirs, de notre fortune et de notre parure qui ne nous font pas grandir mais qui nous sortent de ce qui est la norme et qui nous illusionnent d’un faux bonheur programmé cérébralement par la société de ce 22e siècle.

La technologie moderne ne remplace pas complètement le contact humain mais tout de même elle les connecte ensemble à travers tous les pays du globe, ce qui rapproche virtuellement les êtres et accroît les possibilités mais crée aussi, de nouveaux drames humains, des cœurs effrités par tant de distance entre des êtres pourtant si complices que la tristesse se transmet de manière exponentielle, un peu plus forte à chaque heure qui passe, à chaque instant d’absence qui nous séparent physiquement mais tant de cœurs cherchent la promiscuité.

Nous devons affronter ensemble ce défi mais par contre il ne faut pas s’attendre à être séduit par un bonheur inimaginable et nous devons donc nous rabattre sur le présent intangible des sensations sinueuses qui nous attristent mais qui nous rapprochent de plus en plus de ce qui est bêtement baptisé divin. Cet état de plénitude qui se construit progressivement laissait présager une erre nouvelle, ouverte sur un avenir prometteur mais toujours avec ce sentiment de zones grises et d’espaces inachevés. En outre, les émotions négatives pèsent de plus en plus lourd et s’accumulent en une pyramide si massive que je me sens m’écrouler de plus en plus et m’anéantir, abstraite et dépourvue de toute volonté automate et sans complaisance crasse qui ne ferait qu’envenimer la situation déjà indomptable. Il fallait alors se vautrer dans une complicité ludique mais profonde afin de s’abstraire de toute trace de tentation sensorielle et de délirante passion mais en maintenant toujours cette communion profonde des esprits qui s’enchâssent sans souci de s’apostropher dans une sentimentalité sanguinaire et dramatique qui nous fracturerait trop nos coeurs sensibles, les laissant se briser sans rien dire.

Jamais assez outillé pour survivre à ce tourbillon intense de tristesse et de douleur souffrante. Nous tentions une fois de plus de nous consoler et de nous rapprocher mais la situation est telle que cet intrus qui vivait entre nous, nous éloignait un peu plus à chaque jour qui passait en sa présence diabolique et transcendante mais elle n’aurait plus jamais existé sans cet intrus qui représentait maintenant pour eux le prétexte qui gardait en vie leur complicité mais qui contre tout acte raisonnable, était aussi ce qui alimentait notre angoisse et tourmentait notre esprit perturbé. Seul le mot “fin” détenait en lui toute la vérité sur notre finalité, nos fins et notre finesse réciproque. Afin de m’ouvrir à cette âme, je me devais surtout de faire abstraction de la réalité qui se jouait sous mes yeux, sans quoi ma tristesse serait trop déchirante pour que cela soit soutenable et je m’effondrerais sur la dalle de marbre qui n’attendait que mes larmes qui tombent goutte à goutte comme le rythme de l’accroissement de mon malheur accentué par les siècles de torture dans ma tête et par cette impression d’abandon et d’inachevé qui revient toujours me hanter, répandant alors une épaisse couche de désespoir.

À l’encontre de mes désirs, je devrai me contraindre et me résigner à rester immobile alors que coulent sur mon visage un déluge de larmes que j’ai retenues depuis trop longtemps et qui naviguent à contre-courant à même ma peau qui se refroidit au contact de mes pores meurtries qui se ferment, se protègent contre tout assaut extérieur mais aussi qui se durcit au contact de cette réalité douloureuse. Je m’évapore en vapes incertaines qui flottent sur mon désespoir et ma honte mais malgré tout je continue à persister et à vouloir prouver que mon existence n’est pas vaine. Malgré tout, je succombe encore chaque fois que mes pensées s’abandonnent et que l’illusion d’une présence envahit mon esprit enseveli. Alors je m’égare le regard hagard à l’écart de ton départ. Pour cimenter la déroute, j’ai noyé dans ma baignoire le corps de ton passage dans mon coeur et j’ai enfoncé le pic de fer qui m’a servi à trouer l’organe douloureux de ce silence de plus en plus omniprésent et désespérant et qui éventre la chair blessée de tous mes derniers instants.

Que puis-je, dans le vacuum de ton silence? Que puis-je, dans le vertige des éloignements? Tout ceci est insoluble et irrémédiablement destructif pour mon être qui s’angoisse de cette fatalité insoutenable même pour le plus paresseux des immortels. Quand, de ton long, tu t’endormais devant moi, je n’existais plus que dans cette vie enterrée, disparue dans l’abstraction de cette image qui se révélait à mes sens brouillés par l’image de ta chair qui frôlait la mienne sans jamais demander si tu existais vraiment ou si tu n’étais qu’une illusion de plus dans ma vie.
FIN

Auteurs:

Le D.

Anarcho-Pragmatiste

Le satellite voyageur

Loup de Ville

Charlotte Russe

Mazsellan

Jennifer

MFL

(crédit photo: Combat de Carnaval et de carême de Pieter Bruegel l’Ancien. Conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne 1559)

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3 Réponses to “Sortilège impromptu…”

  1. C’était très intense ceci!!!

    🙂

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